Un salarié qui développe une pathologie liée à son travail dispose de 15 jours pour agir après le début de son arrêt de travail. Passé ce délai, le dossier reste recevable mais chaque jour compte pour éviter les complications. Le formulaire cerfa S6100, décliné en plusieurs volets (S6100b pour la partie assuré, S6100c pour d’autres situations), structure toute la procédure. Comprendre qui remplit quoi, quel document utiliser, comment compléter chaque rubrique sans erreur, et comment transmettre un dossier complet à la CPAM permet d’éviter les retours de courrier et les mois d’attente inutiles.
- La déclaration doit être envoyée dans les 15 jours suivant le début de l’arrêt de travail (ou la date du certificat médical si aucun arrêt n’est prescrit).
- Le certificat médical initial (CMI) rédigé par le médecin est une pièce obligatoire à joindre dès le départ.
- Deux volets du cerfa partent à la CPAM, le troisième reste chez la victime ou ses ayants droit.
- En cas de plusieurs employeurs simultanés, un courrier listant l’ensemble des employeurs doit accompagner le dossier.
- Une maladie peut être reconnue même hors tableau, sous conditions strictes liées au lien direct avec le travail et à la gravité des séquelles.
Table des matières
Déclaration de maladie professionnelle: à quoi ça sert et quand la faire

La déclaration de maladie professionnelle constitue la première étape administrative permettant à un salarié de faire reconnaître un lien entre sa pathologie et son activité professionnelle. Cette démarche déclenche l’instruction du dossier par la CPAM, qui vérifie si la maladie correspond à l’un des tableaux des maladies professionnelles ou si elle peut être reconnue par une voie complémentaire, hors tableau.
L’objectif de la reconnaissance
Faire reconnaître une maladie professionnelle ouvre l’accès à une prise en charge spécifique : indemnités journalières majorées en cas d’arrêt de travail, indemnisation en cas d’incapacité permanente, et parfois une indemnisation complémentaire si une faute de l’employeur est établie. Sans cette reconnaissance, le salarié reste soumis au régime classique de l’assurance maladie, moins favorable sur plusieurs aspects.
Le rôle des tableaux des maladies professionnelles
Chaque tableau précise la liste des maladies concernées, le délai de prise en charge, parfois une durée d’exposition minimale, et une liste indicative des travaux exposant au risque. Lorsque la maladie figure au tableau et que les conditions sont remplies, elle est présumée d’origine professionnelle : la charge de la preuve s’inverse en faveur du salarié. Si les conditions ne sont pas toutes réunies, ou si la maladie ne figure à aucun tableau, une reconnaissance reste possible à condition de démontrer un lien direct et essentiel avec le travail habituel, avec des conséquences graves : décès ou incapacité permanente d’au moins 25 %.
Le bon moment pour déclarer
Le délai légal impose d’adresser la déclaration, accompagnée du certificat médical, dans les 15 jours suivant le début de l’arrêt de travail prescrit. Si aucun arrêt n’a été prescrit, ce même délai de 15 jours court à partir de la date de réalisation du certificat médical attestant la maladie. Ce point mérite une attention particulière : de nombreux salariés attendent la confirmation d’un diagnostic complet avant d’agir, alors que le compteur a déjà commencé à tourner.
Une fois ce cadre posé, il reste à savoir précisément qui doit remplir la déclaration et quel formulaire correspond à chaque situation, notamment lorsque plusieurs employeurs sont concernés.
Qui remplit la déclaration et quels formulaires utiliser (S6100b, s6100c)
La victime, actrice principale de la déclaration
En principe, c’est la victime elle-même qui remplit et signe la déclaration. Elle renseigne son identité, décrit les circonstances de la maladie et identifie son dernier employeur. Le formulaire cerfa S6100 comprend plusieurs volets : deux exemplaires sont destinés à l’organisme de sécurité sociale, le troisième reste conservé par le déclarant comme preuve de dépôt.
Le cas des ayants droit
Si la victime est décédée avant d’avoir pu effectuer sa déclaration, ce sont ses ayants droit qui prennent le relais : conjoint survivant, parents ou enfants selon les situations familiales. Dans ce cas, une section spécifique du formulaire, celle du « déclarant », doit être complétée avec les informations de l’ayant droit et la nature du lien avec la victime, afin de justifier sa qualité à agir.
Le médecin et l’employeur, acteurs complémentaires
Le médecin traitant intervient en amont, en rédigeant le certificat médical initial qui atteste de la pathologie et de son lien possible avec l’activité professionnelle. Ce document conditionne la recevabilité de la déclaration. L’employeur, quant à lui, n’a pas à remplir le cerfa S6100 lui-même : il reçoit une copie de la déclaration transmise par la CPAM et peut ensuite, s’il le souhaite, chercher à démontrer une absence d’exposition au risque dans son entreprise. Ce recours ne modifie en rien la façon dont la victime doit remplir sa propre déclaration.
Plusieurs employeurs simultanés : une vigilance particulière
La déclaration cible le dernier employeur pour lequel la victime a travaillé, ou celui pour lequel elle travaille encore au moment de la déclaration. Or de nombreux salariés cumulent plusieurs postes, notamment dans les métiers à temps partiel ou en intérim. Dans cette configuration, il est recommandé de joindre un courrier séparé listant l’ensemble des employeurs concernés, avec leurs coordonnées complètes. Cette précaution évite à la CPAM de traiter un dossier incomplet et limite les demandes de compléments qui rallongent les délais d’instruction.
Une fois les rôles clarifiés et le bon formulaire identifié, encore faut-il réunir toutes les informations et pièces justificatives nécessaires avant de se lancer dans le remplissage proprement dit.
Préparer les informations et pièces à joindre avant de remplir
Les informations personnelles et professionnelles à rassembler
Avant de remplir le cerfa, il est utile de préparer une liste précise des données à mentionner :
- numéro de sécurité sociale (numéro d’immatriculation), nom, prénom, date de naissance ;
- adresse complète, numéro de téléphone, adresse e-mail si disponible ;
- identité du ou des employeurs (raison sociale, adresse) ;
- dates d’embauche et, le cas échéant, de fin de contrat chez chaque employeur concerné ;
- postes occupés et description des tâches exposant potentiellement au risque ;
- dates d’apparition des premiers symptômes et, si applicable, date de l’arrêt de travail.
Le certificat médical, pièce centrale du dossier
Le certificat médical initial rédigé par le médecin doit impérativement être joint dès la demande de reconnaissance. Ce document décrit la pathologie constatée, ses symptômes et, si le médecin l’estime pertinent, un lien possible avec l’activité professionnelle. Sans ce certificat, la CPAM ne peut instruire le dossier : c’est la pièce qui déclenche formellement la procédure.
Les autres pièces justificatives utiles
Selon les situations, d’autres documents renforcent le dossier :
- le courrier listant les employeurs, en cas de postes multiples simultanés ;
- les bulletins de salaire ou contrats de travail permettant de retracer le parcours professionnel ;
- tout document médical antérieur pouvant appuyer la chronologie des symptômes ;
- l’arrêt de travail prescrit, s’il existe, à joindre également.
Cette phase de préparation, souvent négligée, conditionne la fluidité du remplissage du cerfa. Une fois ces éléments réunis, le remplissage du formulaire de déclaration devient une opération méthodique, rubrique par rubrique.
Comment remplir le formulaire de déclaration (cerfa S6100) champ par champ
Section « la victime »
Cette première section demande le numéro de sécurité sociale, le nom, le prénom, la date de naissance, l’adresse complète, le téléphone et, si disponible, l’adresse e-mail. Une erreur fréquente consiste à indiquer un numéro de sécurité sociale incomplet ou une adresse ne correspondant pas à celle des courriers CPAM déjà reçus : ce type de discordance retarde le traitement.
Section « le déclarant »
Si la victime remplit elle-même le document, cette section reste généralement simplifiée. En revanche, si un ayant droit agit à sa place, il doit préciser son identité complète, ses coordonnées et surtout le lien exact avec la victime (conjoint, enfant, parent), afin de justifier sa qualité à déclarer.
Section « nature de la maladie »
Cette rubrique reprend les constatations médicales : symptômes observés, date d’apparition, et date d’arrêt de travail lorsque celui-ci existe. Le certificat médical joint permet de préciser ces éléments de façon cohérente. Attention aux dates approximatives : toute incohérence entre la date déclarée et celle figurant sur le certificat médical entraîne quasi systématiquement une demande de complément.
Section « dernier employeur »
Il s’agit du dernier employeur pour lequel la victime a travaillé, ou de celui pour lequel elle travaille encore au moment de la déclaration. Les éléments d’identification demandés incluent notamment la raison sociale ou le nom de l’entreprise. Le principe retenu fait peser la charge de la maladie professionnelle sur ce dernier employeur, qui pourra ensuite tenter de démontrer une absence d’exposition au risque dans son établissement, sans que cela change la façon de remplir la déclaration côté salarié.
Signature et points de vigilance
La déclaration doit être datée et signée par la victime, ou par l’ayant droit habilité. Les erreurs les plus courantes à ce stade concernent :
- l’oubli de signature, qui rend le dossier automatiquement incomplet ;
- des dates contradictoires entre les différentes sections du formulaire ;
- l’absence de mention d’un employeur antérieur pourtant pertinent pour l’exposition au risque.
Une fois le cerfa correctement complété, un second document mérite une attention tout aussi rigoureuse : le questionnaire maladie professionnelle, souvent transmis par la CPAM pour affiner l’instruction du dossier.
Comment bien remplir le questionnaire maladie professionnelle pour la CPAM
L’objectif du questionnaire
Le questionnaire maladie professionnelle permet à la CPAM de reconstituer précisément le parcours professionnel du salarié et son exposition aux risques. Il complète le cerfa initial en apportant des détails sur les conditions réelles de travail, souvent déterminants pour établir le lien de causalité, notamment lorsque la maladie ne figure à aucun tableau ou que les conditions du tableau ne sont pas toutes remplies.
Décrire l’activité réelle et les expositions
Il convient de détailler concrètement les tâches effectuées, les substances ou gestes répétitifs concernés, la fréquence d’exposition et la durée totale sur chaque poste. Une description vague ou générique affaiblit le dossier ; à l’inverse, des précisions factuelles (durée quotidienne d’exposition, matériel utilisé, cadence) renforcent la crédibilité de la demande.
Reconstituer la chronologie des symptômes
Le questionnaire demande souvent de situer dans le temps l’apparition des premiers signes cliniques par rapport à l’activité professionnelle. Cette chronologie doit rester strictement cohérente avec les dates mentionnées dans le cerfa et dans le certificat médical initial. Toute divergence, même mineure, peut être interprétée comme un doute sur la fiabilité du dossier.
Le cas particulier des plusieurs employeurs
Lorsque la victime a travaillé pour plusieurs employeurs, le questionnaire doit détailler l’exposition au risque poste par poste, en distinguant clairement les périodes et les tâches associées à chaque entreprise. Rester factuel et exhaustif à ce stade évite les allers-retours avec la caisse, chaque employeur pouvant être sollicité séparément pour confirmer les conditions de travail décrites.
Le dossier complet en main, il reste à l’adresser correctement à l’assurance maladie et à anticiper les délais de traitement ainsi que les erreurs qui bloquent le plus souvent la reconnaissance.
Envoi du dossier, suivi, délais et erreurs qui bloquent la reconnaissance

Modalités d’envoi
L’envoi se fait à la caisse d’assurance maladie dont dépend le salarié, ou à la MSA pour les travailleurs du régime agricole. Deux volets du cerfa doivent être transmis à l’organisme, le troisième restant conservé par le déclarant. Le formulaire peut être téléchargé en PDF modifiable via le site du service public, ce qui facilite un remplissage informatique avant impression et envoi postal, ou dépôt via le compte ameli lorsque cette option est disponible.
L’intérêt de l’accusé de réception
Conserver une preuve de dépôt, qu’il s’agisse d’un accusé de réception postal ou d’une confirmation numérique, permet de justifier du respect du délai de 15 jours en cas de contestation ultérieure. Ce document devient une pièce de référence si la CPAM tarde à répondre ou si un désaccord survient sur la date de réception du dossier.
Délais usuels de traitement
Une fois le dossier reçu, la CPAM dispose d’un délai d’instruction pour statuer sur la reconnaissance. En cas de besoin de précisions supplémentaires, notamment via le questionnaire maladie professionnelle, ce délai peut être prolongé. Pour toute question ou prise de rendez-vous, le compte ameli permet d’accéder à la rubrique « mon agenda » puis « prendre un rendez-vous » ; en l’absence de compte, le numéro 36 46 reste accessible par téléphone.
Les erreurs les plus fréquentes
Plusieurs écueils reviennent régulièrement dans les dossiers refusés ou retardés :
- des dates incohérentes entre le cerfa, le certificat médical et le questionnaire ;
- l’omission d’un employeur, en particulier en cas de postes multiples ;
- l’absence du courrier listant les employeurs lorsque la situation l’exige ;
- des pièces justificatives manquantes ou incomplètes, notamment le certificat médical initial ;
- une signature oubliée ou une section laissée vide par erreur.
Que faire en cas de demande de compléments
Si la CPAM sollicite des informations supplémentaires, il est essentiel de répondre rapidement et de manière précise, en reprenant les éléments déjà transmis pour garantir la cohérence globale du dossier. Un dossier complet, cohérent et transmis dans les délais reste le meilleur levier pour obtenir une reconnaissance rapide, qu’il s’agisse d’une maladie figurant au tableau ou d’une pathologie relevant d’une reconnaissance hors tableau.
FAQ
Comment dois-je remplir le formulaire de déclaration de maladie professionnelle ?
Il faut compléter successivement les sections identité de la victime, déclarant (si différent), nature de la maladie avec les dates de symptômes et d’arrêt de travail, puis dernier employeur avec sa raison sociale. Le certificat médical initial doit être joint, et le tout signé avant envoi des deux premiers volets à la CPAM.
Qui remplit la déclaration de maladie professionnelle ?
C’est en principe la victime elle-même. Si elle est décédée avant d’avoir pu déclarer, ses ayants droit (conjoint survivant, parents, enfants) peuvent le faire à sa place, en précisant leur lien avec elle dans la section correspondante.
Comment bien remplir le questionnaire maladie professionnelle ?
Il faut décrire précisément les tâches réalisées, les expositions subies et la chronologie des symptômes, en restant factuel et cohérent avec le cerfa et le certificat médical. En cas de plusieurs employeurs, chaque poste doit être détaillé séparément.
Comment faire une déclaration de maladie professionnelle ?
Il faut obtenir un certificat médical initial, remplir le cerfa S6100 avec les informations sur la victime et le dernier employeur, joindre les pièces justificatives nécessaires, puis envoyer le dossier à la CPAM dans les 15 jours suivant le début de l’arrêt de travail ou la date du certificat médical.
Remplir une déclaration de maladie professionnelle demande de la rigueur plus que de la complexité : dates cohérentes, employeurs correctement identifiés, pièces complètes dès le premier envoi. Cette méthode, appliquée sans précipitation, reste le meilleur gage d’une instruction rapide par la CPAM.






