Assurance-vie : le contrat euro-croissance, solution face aux fonds euros en déclin ?

Assurance-vie : le contrat euro-croissance, solution face aux fonds euros en déclin ?

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Soldes entreprise

Les fonds en euros ont longtemps incarné la promesse d’une épargne sans risque et sans surprise. Mais depuis une quinzaine d’années, leurs rendements s’effritent, et les assureurs cherchent des alternatives pour dynamiser les allocations sans exposer brutalement les épargnants aux marchés financiers. Le fonds euro-croissance est né de cette tension, en 2014, avec une promesse précise : offrir une garantie du capital, mais différée dans le temps, en échange d’un potentiel de performance supérieur. Entre les deux, la réalité contractuelle est souvent plus nuancée que les brochures commerciales ne le laissent entendre. Voici comment démêler les promesses des contraintes réelles, et comment décider lucidement si ce type de support a sa place dans votre assurance-vie.

Ce qu’il faut retenir
  • Le fonds euro-croissance garantit le capital uniquement à l’échéance contractuelle, au minimum après 8 ans — tout retrait anticipé expose à une moins-value.
  • Son rendement annoncé tourne autour de 3,30 % par an, contre environ 1,1 % pour les fonds en euros classiques, mais la comparaison doit se faire à horizon garanti, net de frais.
  • Les prélèvements sociaux ne sont prélevés qu’à l’échéance sur l’euro-croissance, contrairement aux fonds en euros où ils sont ponctionnés chaque année, ce qui favorise la capitalisation.
  • Ce support convient aux épargnants avec un horizon de placement défini et sans besoin de liquidités à court terme — il est inadapté comme réserve de précaution.
  • Les frais de gestion (autour de 1 % contre 0,6 % pour les fonds en euros) et les clauses contractuelles d’arbitrage peuvent réduire significativement l’avantage de rendement affiché.

Pourquoi les fonds euros sont en déclin

Pourquoi les fonds euros sont en déclin

Le fonds en euros a construit sa réputation sur une mécanique simple et rassurante : le capital est garanti à tout moment, les intérêts sont définitivement acquis chaque année grâce à l’effet de cliquet, et la gestion est entièrement déléguée à l’assureur. Pendant des décennies, ce modèle a fonctionné parce que les actifs obligataires — obligations d’État et d’entreprises — offraient des rendements suffisants pour couvrir les frais, servir une participation aux bénéfices attractive et maintenir des réserves prudentielles.

Le problème est structurel. Sur les quinze dernières années, les taux d’intérêt ont chuté progressivement, parfois jusqu’en territoire négatif en zone euro, avant de remonter brutalement à partir de 2022. Cette remontée tardive ne profite aux fonds en euros qu’avec un délai important : les portefeuilles obligataires sont constitués d’actifs à longue duration, achetés quand les taux étaient bas, et leur renouvellement prend des années. Résultat, le rendement moyen des fonds en euros est aujourd’hui estimé autour de 1,1 % dans certains segments du marché, loin des 4 à 5 % servis au début des années 2000.

Les contraintes prudentielles renforcent cette pression. Les règles de solvabilité imposées aux assureurs (Solvabilité II) les obligent à constituer des marges de sécurité importantes sur les actifs risqués, ce qui freine la diversification vers des supports plus dynamiques. En parallèle, la mutualisation des sommes investies dans un fonds en euros signifie que les décisions de gestion sont collectives : un afflux de rachats peut forcer des cessions d’actifs au mauvais moment, tandis qu’un afflux de versements dilue mécaniquement le rendement servi.

Certains assureurs ont répondu à cette contrainte en plafonnant les versements sur leurs fonds en euros, parfois en imposant une proportion minimale d’unités de compte pour accéder au support garanti. Cette pratique, devenue courante, signale que le modèle du fonds en euros pur est sous pression commerciale autant que financière.

Pourtant, le fonds en euros reste présent dans la quasi-totalité des allocations en assurance-vie, pour une raison simple : il est le seul support à offrir une garantie permanente du capital, sans horizon de blocage. Pour les épargnants qui ont besoin de liquidités à tout moment ou qui ne supportent aucune volatilité, aucun autre support ne remplit ce rôle. La question n’est donc pas de savoir si le fonds en euros doit disparaître d’un portefeuille, mais à quelle proportion il doit y figurer — et quels supports peuvent compléter ou remplacer une partie de son rôle. C’est précisément là qu’intervient le fonds euro-croissance.

Euro-croissance : définition et promesse du produit

Le fonds euro-croissance a été lancé en 2014, à l’initiative des pouvoirs publics, avec un double objectif : offrir aux épargnants un rendement supérieur à celui des fonds en euros classiques, tout en orientant davantage l’épargne vers le financement des entreprises et de l’économie réelle. Il se positionne explicitement comme un compromis entre le fonds en euros (sécurité maximale, rendement lié aux taux) et les unités de compte (potentiel de performance élevé, mais risque de perte en capital).

Techniquement, le fonds euro-croissance fonctionne différemment d’un fonds en euros classique. L’assureur constitue une provision de diversification, qui lui permet d’investir une part plus importante des actifs dans des supports dynamiques — actions, immobilier, obligations à plus longue duration — sans exposer l’ensemble du portefeuille au risque de marché à court terme. Cette mécanique repose sur l’idée que, sur un horizon long, les actifs risqués ont statistiquement le temps de se valoriser suffisamment pour garantir le capital à l’échéance.

Il faut distinguer deux réalités commerciales souvent confondues :

  • Le fonds euro-croissance est un support spécifique, intégré dans un contrat multisupports existant, que l’épargnant peut choisir lors d’un arbitrage ou d’un versement.
  • Le contrat euro-croissance désigne un contrat d’assurance-vie dédié, dont la totalité ou la majorité de l’épargne est orientée vers ce type de support.

Des acteurs comme AGIPI, AXA, Generali ou La Banque Postale proposent des fonds euro-croissance intégrés dans leurs contrats multisupports, ce qui permet à l’épargnant de basculer une partie de son épargne sans ouvrir un nouveau contrat — et donc sans perdre l’antériorité fiscale acquise. Cette intégration commerciale a été facilitée par des simplifications légales intervenues en 2019, qui ont assoupli les conditions d’accès et de gestion de ces supports.

La promesse centrale du produit est claire : accepter que la garantie du capital soit différée dans le temps, en échange d’un potentiel de rendement supérieur. Mais cette promesse soulève immédiatement une question concrète : que se passe-t-il si l’on a besoin de récupérer son épargne avant l’échéance ? La réponse à cette question est au cœur de ce que tout épargnant doit comprendre avant de souscrire.

La garantie en capital : ce qui est garanti, quand, et à quelles conditions

La garantie en capital d’un fonds euro-croissance ne fonctionne pas comme celle d’un fonds en euros classique. Elle est conditionnelle et différée : l’assureur s’engage à restituer au minimum le capital investi (déduction faite des frais d’entrée, selon les contrats), mais uniquement à une échéance prédéfinie. Cette échéance est fixée contractuellement et ne peut pas être inférieure à 8 ans. Selon les contrats, elle peut aller jusqu’à 30 ou 40 ans.

Ce mécanisme a une conséquence directe et souvent mal comprise : pendant toute la durée qui précède l’échéance, il n’existe aucune garantie en capital. Si l’épargnant effectue un rachat partiel ou total avant le terme, la valeur de rachat dépend des marchés financiers à cet instant précis. En cas de conditions défavorables, il peut récupérer moins que ce qu’il a versé. Cette situation est fondamentalement différente du fonds en euros, où la garantie est permanente et où l’effet de cliquet protège les intérêts acquis année après année.

Plusieurs conditions encadrent la portée réelle de la garantie :

  • Les frais d’entrée sont généralement déduits avant le calcul de la garantie : si vous versez 10 000 € avec 2 % de frais d’entrée, la garantie porte sur 9 800 €, pas sur 10 000 €.
  • Les frais de gestion annuels (autour de 1 % pour les fonds euro-croissance) sont prélevés tout au long de la période, ce qui réduit mécaniquement la valeur de la provision de diversification.
  • La garantie ne couvre pas les arbitrages sortants : si vous transférez votre épargne vers un autre support en cours de contrat, vous perdez le bénéfice de la garantie pour les sommes arbitrées.
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Une confusion fréquente concerne la notion de « capital garanti ». Dans la communication commerciale, la garantie est souvent présentée comme une sécurité totale, proche de celle du fonds en euros. En réalité, la protection n’est effective qu’à l’échéance. Entre le versement et ce terme, la valeur des parts fluctue en fonction des marchés, et l’épargnant supporte un risque de moins-value réel s’il sort avant terme.

Il existe aussi des contrats qui proposent une garantie partielle — par exemple, 80 % ou 90 % du capital garanti à l’échéance — en échange d’une allocation encore plus dynamique. Ces formules amplifient le potentiel de rendement mais réduisent le filet de sécurité. Avant de souscrire, il est indispensable de lire précisément la notice d’information pour identifier le niveau exact de garantie, les conditions de son application et les cas d’exclusion.

Une fois ces mécanismes clarifiés, la question du rendement potentiel prend tout son sens : si l’on accepte de bloquer son épargne jusqu’à l’échéance, quelle performance peut-on raisonnablement espérer par rapport à un fonds en euros classique ?

Rendement : que peut-on attendre d’un fonds euro-croissance face au fonds euro

La comparaison de rendement entre fonds en euros et fonds euro-croissance est délicate, et les chiffres bruts peuvent être trompeurs si l’on ne tient pas compte du cadre dans lequel ils s’inscrivent. Le rendement d’un fonds en euros est annuel, définitivement acquis, et comparable d’une année sur l’autre. Celui d’un fonds euro-croissance est calculé sur la durée totale de l’engagement : la performance affichée représente ce que le support a généré depuis son origine ou sur une période donnée, et non ce qu’il a rapporté chaque année de façon isolée.

Les données disponibles donnent un ordre de grandeur : le rendement annualisé des fonds euro-croissance serait aujourd’hui autour de 3,30 % par an, soit environ 0,85 point de plus que les fonds en euros classiques. Certains acteurs du marché mettent en avant des performances plus élevées sur les années récentes — des chiffres comme +4,60 % en 2024 et en 2025 sont évoqués dans certaines communications commerciales — mais ces résultats reflètent en partie des conditions de marché favorables et ne constituent pas une garantie de performance future.

Les moteurs de cette surperformance potentielle sont identifiables :

  • La diversification accrue : la provision de diversification permet d’investir dans des actions, de l’immobilier ou des obligations à plus longue duration, dont le rendement attendu est structurellement supérieur aux obligations d’État à court terme.
  • L’horizon long : en acceptant de ne pas toucher à l’épargne pendant 8 ans ou plus, l’assureur peut prendre des risques que le fonds en euros — soumis à des rachats potentiels à tout moment — ne peut pas se permettre.
  • L’avantage fiscal sur les prélèvements sociaux : contrairement aux fonds en euros, où les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année, les fonds euro-croissance ne les supportent qu’à l’échéance. Cette différence permet une capitalisation plus efficace des gains intermédiaires.

Pour illustrer l’impact de ce dernier point, voici une comparaison simplifiée sur 10 ans pour un capital de 10 000 € :

Paramètre Fonds en euros Fonds euro-croissance
Rendement annuel estimé 1,1 % 3,3 %
Frais de gestion annuels 0,6 % 1,0 %
Prélèvements sociaux (17,2 %) Annuels À l’échéance
Garantie du capital Permanente À l’échéance (8 ans min.)
Liquidité À tout moment Risquée avant terme

La comparaison directe entre les deux supports n’est donc pas pleinement équitable si elle se fait sur une base annuelle. L’euro-croissance doit être évalué à son terme, net de frais et de prélèvements sociaux, par rapport à ce qu’aurait produit le fonds en euros sur la même durée. Sur un horizon de 10 ans, l’avantage de rendement brut peut être significatif, mais il peut être partiellement absorbé par des frais de gestion plus élevés.

Concernant le fonds AGIPI euro-croissance spécifiquement, les données publiques disponibles à mi-2025 ne permettent pas de citer un chiffre certifié et audité pour l’exercice 2025 en cours. Les performances passées publiées par AGIPI (filiale d’AXA) sur ce support s’inscrivent dans les fourchettes évoquées ci-dessus, mais elles doivent être vérifiées directement auprès de l’assureur ou dans le document d’information clé du contrat, car elles varient selon la date d’entrée et la durée d’engagement. Cette précaution vaut pour tous les acteurs du marché, y compris Generali et La Banque Postale qui proposent des supports comparables.

Ces éléments de rendement prennent leur plein sens une fois mis en regard des différences concrètes de fonctionnement entre les deux supports — notamment sur la liquidité, les frais et la fiscalité.

Fonds euro vs euro-croissance : liquidité, risques, frais et fiscalité

La comparaison entre fonds en euros et fonds euro-croissance ne se résume pas à un différentiel de rendement. Elle implique des différences de nature sur quatre dimensions essentielles, qui conditionnent la pertinence de chaque support selon la situation de l’épargnant.

La liquidité est la différence la plus structurante. Un fonds en euros est disponible à tout moment : un rachat partiel ou total peut être effectué sans pénalité de performance, la valeur de rachat est connue à l’avance et le capital est garanti. Un fonds euro-croissance offre techniquement la même disponibilité juridique — l’épargnant peut racheter à tout moment — mais sans la garantie de récupérer son capital avant l’échéance. En cas de sortie anticipée dans un contexte de marchés défavorables, la perte peut être réelle et significative. Cette asymétrie est fondamentale : la liquidité du fonds euro-croissance est formelle, pas substantielle.

Le risque de moins-value est donc présent pendant toute la phase précédant l’échéance. Ce risque est d’autant plus élevé que la proportion d’actifs dynamiques dans la provision de diversification est importante. Certains fonds euro-croissance investissent jusqu’à 30 à 40 % en actions ou en immobilier, ce qui peut générer une volatilité significative de la valeur liquidative en cours de vie.

La structure de frais diffère sensiblement :

  • Les frais de gestion annuels des fonds en euros sont en moyenne autour de 0,6 %, contre environ 1 % pour les fonds euro-croissance. Sur 10 ans, cet écart de 0,4 point représente une différence non négligeable sur la performance nette.
  • Les frais d’arbitrage peuvent s’appliquer lors du transfert d’une partie de l’épargne vers ou depuis le fonds euro-croissance. Certains contrats les exonèrent, d’autres facturent entre 0,5 % et 1 % du montant arbitré.
  • Les frais d’entrée (ou frais sur versements) réduisent la base de calcul de la garantie et l’assiette de capitalisation dès le départ.

La fiscalité constitue en revanche un avantage réel de l’euro-croissance. Dans un fonds en euros, les prélèvements sociaux (17,2 %) sont prélevés chaque année sur les intérêts crédités. Dans un fonds euro-croissance, ils ne sont appliqués qu’à l’échéance ou au moment du rachat, sur la totalité des gains réalisés. Cela signifie que les gains intermédiaires capitalisent sans être amputés annuellement, ce qui améliore l’effet des intérêts composés sur la durée.

La fiscalité assurance-vie sur les rachats est identique pour les deux supports : après 8 ans de détention du contrat, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 7,5 % ou au barème de l’impôt sur le revenu. L’antériorité fiscale du contrat est préservée lors d’un arbitrage interne vers un fonds euro-croissance, ce qui est un avantage concret pour les épargnants qui souhaitent réorienter une partie de leur épargne sans ouvrir un nouveau contrat.

Ces différences dessinent un profil d’usage très distinct pour chacun des deux supports. Comprendre ce profil permet d’éviter les erreurs d’allocation les plus fréquentes.

Pour quel profil l’euro-croissance est pertinent, et quand s’en passer

Pour quel profil l’euro-croissance est pertinent, et quand s’en passer

L’euro-croissance n’est pas un produit universel. Son intérêt dépend étroitement de l’horizon de placement réel de l’épargnant, de sa tolérance au risque de moins-value intermédiaire, et de son besoin de liquidités. Ignorer ces paramètres conduit à des erreurs d’allocation coûteuses.

Les profils pour lesquels l’euro-croissance est pertinent :

  • L’épargnant avec un projet daté à 8-15 ans : préparation de la retraite dans 10 ans, financement d’un projet immobilier à long terme, constitution d’un capital pour les études des enfants. Si la date de besoin est connue et coïncide avec l’échéance de garantie, le support remplit pleinement son rôle.
  • L’épargnant qui cherche à dynamiser une partie de son allocation sans s’exposer aux unités de compte : l’euro-croissance offre un potentiel de rendement supérieur au fonds en euros avec une garantie à terme, ce qui le rend acceptable pour des profils prudents à condition que l’horizon soit respecté.
  • L’épargnant qui a déjà une réserve de précaution liquide : si le fonds euro-croissance ne représente qu’une partie de l’épargne totale, et que le reste est disponible sur un fonds en euros ou un livret, le risque de liquidité est gérable.
  • L’épargnant dans une logique de transmission : sur des horizons très longs (15-20 ans), l’euro-croissance peut s’intégrer dans une stratégie patrimoniale, éventuellement couplée avec un contrat vie génération pour optimiser la fiscalité successorale.
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Les profils pour lesquels l’euro-croissance est inadapté :

  • L’épargnant qui utilise son assurance-vie comme réserve de précaution : si des rachats imprévus sont probables avant l’échéance, le risque de moins-value est réel et le produit est contre-indiqué.
  • L’épargnant proche de la retraite avec un horizon court : si l’horizon de placement est inférieur à 8 ans, la garantie ne peut pas jouer et le produit n’a pas d’avantage sur un fonds en euros.
  • L’épargnant qui a besoin de flexibilité d’arbitrage : multiplier les arbitrages sur un fonds euro-croissance remet en cause la logique du produit et peut générer des frais.

En pratique, l’allocation la plus cohérente pour un épargnant à profil modéré avec un horizon de 10-15 ans pourrait ressembler à ceci :

Support Part de l’allocation Rôle
Fonds en euros 20-30 % Réserve de précaution, liquidité
Fonds euro-croissance 30-40 % Sécurisation à moyen terme, rendement amélioré
Unités de compte 30-50 % Dynamisation, croissance long terme

Cette répartition n’est pas universelle : elle dépend de l’âge, du patrimoine global, de la fiscalité personnelle et des objectifs précis de l’épargnant. Mais elle illustre que l’euro-croissance ne remplace pas le fonds en euros — il le complète, dans une logique d’allocation par tranches d’horizon.

Une fois le profil identifié, la question pratique devient : comment choisir le bon support euro-croissance et l’intégrer efficacement dans son contrat ?

Comment choisir un support euro-croissance et l’intégrer à son contrat

Tous les fonds euro-croissance ne se valent pas. La dispersion des performances et des conditions contractuelles entre les différents acteurs du marché est réelle, et plusieurs critères doivent guider le choix.

La durée de garantie est le premier paramètre à examiner. Certains contrats proposent une échéance fixe (par exemple 8 ou 10 ans), d’autres permettent de choisir entre plusieurs horizons. Une durée plus longue offre généralement plus de souplesse de gestion à l’assureur et un potentiel de rendement supérieur, mais elle immobilise l’épargne plus longtemps. Il faut vérifier si la durée proposée correspond réellement à votre horizon de placement.

La composition du fonds et l’historique de performance sont des indicateurs utiles, même si les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il faut regarder la part investie en actifs dynamiques (actions, immobilier), la politique de gestion de la provision de diversification, et les performances nettes de frais sur les exercices passés. Les acteurs comme AXA (via AGIPI), Generali et La Banque Postale publient ces informations dans leurs documents d’information clés, qui doivent être lus attentivement avant toute souscription.

Les frais doivent être analysés dans leur totalité :

  • Frais d’entrée ou sur versements (idéalement négociables ou nuls sur certains contrats en ligne)
  • Frais de gestion annuels sur le fonds euro-croissance (vérifier s’ils s’ajoutent aux frais du contrat multisupports)
  • Frais d’arbitrage en cas de transfert vers ou depuis ce support

Les modalités d’arbitrage méritent une attention particulière. Certains contrats permettent des arbitrages programmés ou automatiques vers le fonds euro-croissance, ce qui peut être utile pour lisser les versements dans le temps. D’autres imposent des restrictions sur la fréquence ou le montant des arbitrages. Il faut également vérifier si un arbitrage sortant avant l’échéance entraîne la perte de la garantie sur les sommes concernées.

La place du contrat vie génération mérite d’être évoquée dans ce contexte. Créés par la loi de finances rectificative pour 2013 et entrés en vigueur le 1er juillet 2014, les contrats vie génération ont pour objectif de réorienter l’épargne vers l’économie sociale et solidaire, le capital-risque et les entreprises de taille intermédiaire. Ils imposent un quota minimum de 33 % dans des supports éligibles, le reste étant investi librement. En contrepartie, ils offrent un abattement supplémentaire de 20 % au décès du souscripteur, appliqué avant l’abattement fixe de 152 500 € sur les capitaux versés avant 70 ans. La fiscalité résiduelle est ensuite de 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà. Ces contrats ne proposent pas de garantie en capital, ce qui les distingue fondamentalement des fonds euro-croissance, mais ils peuvent coexister dans une stratégie patrimoniale globale.

Points de vigilance synthétiques avant de souscrire :

  • Vérifier que l’horizon de garantie correspond à votre projet réel, pas à une date arbitraire
  • Lire la notice d’information pour identifier le niveau exact de garantie (100 % du capital ou garantie partielle)
  • Calculer le rendement net de frais et de prélèvements sociaux, pas le rendement brut affiché
  • S’assurer que l’arbitrage interne depuis un fonds en euros existant préserve l’antériorité fiscale du contrat
  • Vérifier les conditions de sortie anticipée et leur impact sur la garantie
  • Ne pas concentrer l’intégralité de l’épargne sur ce support si des besoins de liquidités sont prévisibles

L’intégration dans un contrat multisupports existant est généralement la voie la plus efficace : elle évite d’ouvrir un nouveau contrat, préserve l’antériorité fiscale, et permet de combiner fonds en euros, euro-croissance et unités de compte dans une allocation cohérente. Un arbitrage ponctuel ou progressif depuis le fonds en euros vers le fonds euro-croissance peut être une solution intermédiaire pour les épargnants qui souhaitent dynamiser leur allocation sans rupture brutale.

FAQ

Fonds Eurocroissance en assurance vie présente une garantie ?

Oui, mais uniquement à l’échéance contractuelle, qui ne peut pas être inférieure à 8 ans. Avant ce terme, il n’existe aucune garantie en capital : la valeur de rachat dépend des marchés financiers. En cas de sortie anticipée, l’épargnant peut récupérer moins que ce qu’il a versé. La garantie ne fonctionne donc pas comme celle d’un fonds en euros classique, qui protège le capital à tout moment.

Quelle est la performance du fonds AGIPI euro-croissance en 2025 ?

Les données certifiées et auditées pour l’exercice 2025 en cours ne sont pas encore disponibles publiquement à mi-2025. Les performances passées du fonds AGIPI euro-croissance (géré par AXA) s’inscrivent dans les fourchettes générales du marché, avec des rendements annualisés autour de 3 à 4 % selon les périodes. Pour un chiffre précis et à jour, il convient de consulter directement le document d’information clé du contrat ou le relevé annuel fourni par AGIPI.

Quelle est la meilleure assurance vie pour les fonds euros ?

Il n’existe pas de réponse universelle : la meilleure assurance-vie pour les fonds en euros dépend du niveau de rendement servi, des frais de gestion, de la solidité financière de l’assureur et de l’accès à d’autres supports (euro-croissance, unités de compte). Des acteurs comme AXA, Generali et La Banque Postale proposent des contrats multisupports intégrant à la fois des fonds en euros compétitifs et des fonds euro-croissance. Le critère déterminant reste le rendement net de frais sur plusieurs années, pas le taux brut d’une seule année.

Pourquoi fermer son assurance vie en fonds euros ?

Fermer son assurance-vie en fonds euros n’est généralement pas la bonne décision : cela entraîne une fiscalité immédiate sur les gains et la perte de l’antériorité fiscale. La question pertinente est plutôt de savoir si la proportion investie en fonds en euros est encore adaptée à son horizon de placement. Un arbitrage partiel vers un fonds euro-croissance ou des unités de compte permet de dynamiser l’allocation sans perdre les avantages fiscaux du contrat existant.

Le fonds euro-croissance n’est ni une révolution ni un gadget marketing. C’est un outil d’allocation précis, utile pour les épargnants qui ont un horizon défini et qui acceptent de ne pas disposer de leur capital avant l’échéance. Sa valeur réelle se mesure à l’aune des frais effectifs, de la composition du portefeuille et de la cohérence avec les besoins de liquidités de l’épargnant — pas à l’aune des rendements bruts affichés dans les brochures commerciales.

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